Ce que la visio dit de nous… vraiment !

Ce que la visio dit de nous… vraiment !
Le 29 octobre 2026, paraît aux éditions Le Cherche Midi, The Power Broker. Le destin de Robert Moses, l’homme qui a fait New York, traduction française de l’imposant ouvrage de 1200 pages de Robert Caro Robert Moses and the Fall of New York sorti en 1974 aux États-Unis, et prix Pulitzer de la biographie en 1975. Le sujet est, parait-il passionnant, et riche en questionnements d’actualité… mais ce n’est pas pour ça que nous l’évoquons.
En pleine pandémie, le 28 mai 2020, le New York Times notait, dans un article, qu’il était visiblement de bon ton pour les personnalités interviewées en visioconférence par les médias depuis leur domicile d’afficher l’épais volume du The Power Broker à l’arrière-plan, négligemment mis en scène dans leur bibliothèque. C’est ici, en fait, que nous voulions en arriver, même si le chemin est un peu détourné, on en convient.
Le regard que les téléspectateurs américains portaient alors, à distance, sur l’intérieur entrevu à l’image et ses moindres détails — dont le gros bouquin — est exactement le même que celui que clients ou partenaires jettent sur votre entreprise lors d’une visioconférence. Consciemment ou pas, ces derniers découvrent, autour et derrière leurs interlocuteurs du moment, le décor des bureaux ou des salles de réunions dont l’image est diffusée sans aucun filtre. Ils pénètrent dans votre environnement de travail comme s’ils y étaient accueillis physiquement en visiteur. Qu’en perçoivent-ils ? Quelle est donc la première impression qu’ils en retirent ? Sachant qu’elle peut rapidement s’avérer aussi prégnante que l’échange lui-même, voire que les personnes qui y participent… jusqu’à en distraire positivement ou négativement !
Chambers architects a fait des lieux de la collaboration distancielle un des axes majeurs de sa réflexion actuelle à propos des environnements de travail premium. Pourquoi ? Parce que rien ne sert de penser chaque aspect du confort, de l’usage et de l’image de marque des espaces intérieurs dédiés à la visioconférence — ou alloués ponctuellement à cet exercice — si c’est pour en délivrer une représentation impensée. Il devient essentiel, en conséquence, de maîtriser les données de l’expérience sensitive distante de l’interlocuteur lointain. Une alchimie différente de celle, habituelle, de la conception des espaces vécus et appréhendés comme tels. Ici, c’est à travers un dispositif technique — l’œil de la caméra et l’oreille du micro — que se construit l’expérience. Il n’y a pas d’autre choix que de fondamentalement repenser les lieux — organisation, couleurs, lumières, matières, ambiances sonores, intégration technique… — en fonction de ce nouvel usage… sans jamais compromettre celui initial, physique, des lieux.

