Son (4/4)

SON (4/4)

Lumière, volume, vues, sons… voici les « matières premières » auxquelles nous accordons désormais beaucoup plus de temps et d’attention à chaque étape du processus de conception. Nous les évoquons avec vous au cours des prochaines semaines et espérons vos réactions et contributions. Son (4/4).

Le plus immédiat des réflexes de l’aménagement intérieur, quand on pense au son, c’est de lutter contre lui par tous les moyens : l’étouffer, l’isoler, l’abaisser, le circonscrire, le mettre en boxes… L’épaisseur des cloisonnements, le revêtement des surfaces — parois, panneaux séparatifs, planchers, plafonds — ou leur doublage, l’étanchéité et l’éloignement des sources de bruit constituent l’arsenal usuel des réponses à la supposée pire des nuisances dans l’environnement de travail. Car, même si la sensibilité de chacun varie, surtout celle au bruit des autres, une conversation à voix basse dans l’open space ou un appel téléphonique écouteurs aux oreilles dans une circulation, le ronronnement de la machine à café ou du photocopieur… suscitent vite la gêne puis l’exaspération.

Donc, oui, préserver le silence et la capacité de concentration lorsque l’utilisateur en a véritablement besoin est une exigence incontestable que le projet doit garantir à l’usage partout où elle s’exprime et quand elle s’exprime. Cette évidence est pourtant abusivement étendue dans la conception des bureaux à l’ensemble des espaces, et par mimétisme aux espaces de convivialité et de détente. Or, dans toute forme de vie sociale, des instants et des lieux plus bruyants, ou simplement sonores, alternent et cohabitent avec d’autres plus feutrés. Le quotidien professionnel ne devrait pas être enfermé dans un idéal acoustique ouaté. Un échange animé ou un éclat de rire collectif y ont parfaitement leur place. Les contrastes peuvent être ici recherchés dans une maîtrise assumée : dallages minéraux ou parquets, lounges résonnants pour le café matinal ou un événement festif, ambiance musicale, fenêtres ouvertes et rooftops respirant les bruits de la ville ! Reste à mettre autant d’énergie et de savoir dans la restauration des sons au bureau que dans leur anéantissement.